Les vecteurs adénoviraux (Ad) permettent d'induire des réponses immunitaires fortes et durables après administration parentérale et constituent ainsi des vecteurs vaccinaux prometteurs. Toutefois, ils sont moins efficaces après administration par voie muqueuse. Nous souhaitons comprendre les bases moléculaires de
l'interaction des Ad avec la muqueuse intestinale, et leurs conséquences en matière d'induction d'une réponse immunitaire muqueuse, afin de fournir une base rationnelle au développement de vecteurs administrables par voie orale. A cette fin, nous avons utilisé une banque d'adénovirus de type 5 (Ad5) non réplicatifs pseudotypés par les fibres de différents sérotypes humains de tropisme très divers. La reconstitution d'une monocouche de cellules épithéliales intestinales polarisées in vitro a permis de suivre les différentes étapes de la pénétration de l'épithélium par les différents vecteurs : attachement, traversée de la monocouche par transcytose ont été mesurés
par PCR quantitative, et l'expression du transgène (transduction) au sein des cellules a été évaluée par bioluminescence. Nos résultats montrent un comportement différent des deux lignées cellulaires étudiées (Caco-2 et mICcl2) vis-à-vis de l'infection par le vecteur Ad5, qui peut être relié à une distribution cellulaire différente de son récepteur CAR. Ils suggèrent aussi une meilleure transduction des cellules épithéliales polarisées à partir de pôle apical par les virus portant les fibres provenant de sérotypes à tropisme intestinal (12 et 40) ainsi que la fibre
du sérotype 32 comparativement à l'Ad5. De plus, certains vecteurs traversent efficacement la monocouche intestinale, comme les vecteurs portant les fibres du sous-groupe B. Les virus démontrant des profils d'interuction différents in vitro seront sélectionnés pour l'évaluation in vivo de leur tropisme d'organe et de leur capacité
d'induction des réponses immunitaires humorales et cellulaires locales après administration orale.