Cette étude menée en Corrèze a permis d’objectiver la circulation de trois agents de maladies vectorielles principalement transmis par les tiques, au sein de la faune sauvage de ce département : Anaplasma phagocytophilum, agent de l’anaplasmose granulocytaire bovine (AGB), Borrelia burgdorferi sl, responsable de la maladie de Lyme et Anaplasma marginale agent de l’anaplasmose bovine. Les analyses ont été réalisées à partir de prélèvements sanguins issus de chevreuils (Capreolus capreolus) et de cerfs (Cervus elaphus) chassés lors de la campagne 2011-2012. Deux techniques ont été utilisées : la PCR pour la recherche de l’agent de l’AGB et l’immunofluorescence indirecte pour la recherche d’anticorps dirigés contre les agents de la maladie de Lyme. Notre étude a prouvé la circulation de l’agent de l’AGB avec un taux de prévalence de l’infection de 80 % (IC à 95 % [66-94]) chez les cerfs, et de 84 % (IC à 95 % [76-92]) chez les chevreuils. Pour les agents de la borréliose de Lyme, le taux de séroprévalence a pu être estimé à 64 % (IC à 95 % [45-83]) chez les cerfs, et à 68 % (IC à 95 % [55-80]) chez les chevreuils. Pour chacun des agents, ces deux populations ont des niveaux d’infection similaires. Des micromammifères ont également été piégés mais aucune des treize analyses ne s’est révélée positive pour la recherche d’A. phagocytophilum par PCR. Notre travail a mis en évidence la circulation d’un ou plusieurs agents appartenant au complexe Borrelia burgdorferi sensu lato dans la population de cervidés ainsi que la présence d’A. phagocytophilum sans distinguer ses différents variants. La question demeure de savoir quel rôle joue chacun de ces cervidés dans le cycle de ces agents zoonotiques de maladies vectorielles. Actuellement, le rôle des cervidés, plus particulièrement celui des chevreuils, en tant que réservoirs de souches pathogènes pour les ruminants et/ou pour l’Homme, n’est pas clairement établi, voire controversé. Celui du cerf élaphe est actuellement de plus en plus envisagé mais reste à démontrer. Pour la maladie de Lyme, plusieurs agents sont responsables de la maladie. Notre étude a mis en évidence le passage d’un ou plusieurs agents appartenant au complexe Borrelia burgdorferi sensu lato dans la population de cervidés, mais là encore, nous ne savons pas s’il s’agit des mêmes agents que ceux responsables des cas humains et bovins. Par contre, il est indéniable que la faune sauvage, aussi bien les cervidés que les micromammifères, jouent un rôle clé dans le maintien des populations de tiques vectrices de zoonoses. Notre étude n’a pas permis d’établir de nouvelles valeurs de prévalence de l’infection des bovins par A. phagocytophilum.