La cryopréservation d’ovocytes permet la préservation de génétique exclusivement femelle (contrairement à celle d’embryons). En médecine humaine, elle est utilisée comme alternative à la cryopréservation d’embryons, comme en Italie, ou pour préserver la fertilité avant un traitement stérilisant. Chez les bovins, son intérêt principal serait de favoriser la valorisation et la diffusion de la génétique femelle. Elle permettrait aussi la création de banques d’ovocytes, afin de préserver la variabilité génétique de l’espèce. Cependant, les résultats de la cryopréservation d’ovocytes bovins sont insatisfaisant et cette technologie reste expérimentale. Cette thèse bibliographique se propose d’identifer les freins et les leviers techniques et physiologiques au développement de cette technologie dans l’espèce bovine. Nous avons recensé trois techniques principales de cryopréservation : la congélation, la vitrification (solidification du milieu en l’absence de cristallisation) et la vitrification ultra-rapide. Bien que ces trois techniques puissent être appliquées à tous les types d’ovocytes bovins (l’ovocyte immature ou après maturation), la vitrification ultra-rapide est la technique la plus expérimentée depuis le début des années 2000 et semble devenir la technique de choix pour cette cryopréservation. Du point de vue physiologique, l’ovocyte est une cellule particulière : il est entouré de cellules du cumulus, possède des organites spécifiques comme les granules corticaux, son évolution se fait par étapes. De plus, il doit subir une maturation afin d’être fécondable. Cependant, la cryopréservation impacte fortement l’intégrité structurale et fonctionelle de l’ovocyte immature et mature et a des effets plus ou moins néfastes sur la survie, la fécondabilité et le potentiel de développement des ovocytes. La protection de l’ovocyte est le principal enjeu technique de la cryopréservation. Afin de protéger l’ovocyte lors du refroidissement, des cryoprotecteurs pénétrants et non pénétrants sont utilisés. Ils sont nécessaires à la survie de l’ovocyte mais ont aussi un effet toxique sur celui-ci. Leur nature, leur concentration et le protocole d’exposition de l’ovocyte sont les points critiques, mais la combinaison optimale de tous ces paramètres n’est pas connue. Le stade de l’ovocyte, les vitesses de refroidissement et de réchauffement, ainsi que le système ou contenant utilisé ont aussi un impact. Ainsi, certains chercheurs ont proposé des traitements spécifiques contre certains dommages, comme l’utilisation de taxanes pour protéger le fuseau méiotique. Plusieurs pistes ont été testées, mais les résultats de la cryopréservation d’ovocytes bovins restent très insuffisants, et un important travail de recherche est encore nécessaire avant l’utilisation de ces techniques en routine. Ce n’est pas le cas en médecine humaine, où les ovocytes cryopréservés peuvent avoir le même potentiel de développement que ceux non cryopréservés. C’est pourquoi nous avons choisi de nous inspirer des développements récents dans l’espèce humaine pour dégager les tendances probables de développement de cette technique dans l’espèce bovine. Les recherches récentes chez l’Homme s’orientent vers le développement de moyens d’automatisation afin de réduire la variabilité des résultats. De plus, le développement de méthodes plus sûres d’un point de vue sanitaire est de plus en plus recherché afin de répondre à un durcissement probable de la réglementation concernant cette pratique. Compte tenu des difficultés actuelles et des perspectives commerciales de la cryopréservation d’ovocytes bovins, il est probable que la recherche dans cette espèce suive cette tendance.

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