L'avortement demeure une cause majeure de perte économique dans la filière équine, avec une fréquence variant de 8 à 19% selon les études. Peu d'études ont jusque là été publiées à propos des avortements bactériens chez cette espèce. Cette thèse met en évidence les particularités des avortements bactériens chez les juments, en se basant sur l’exploitation et l’analyse de 556 cas d’avortements survenus entre 1986 et 2015 issus de la base de données du laboratoire de pathologie équine de l’Anses de Dozulé (Calvados). Sont évoqués les principales bactéries responsables d’avortements, les signes cliniques observables chez la jument, les lésions fœtales et placentaires associées, et les différents liens pouvant être mis en évidence entre ces variables. L’étude des antibiogrammes réalisés pour chacune des bactéries isolées sur les fœtus et les annexes autopsiées a permis de souligner les caractéristiques des profils d’antibiosensibilité de chacune d’entre elles. Les résultats indiquent que les juments atteintes sont des juments majoritairement multipares, préférentiellement de race Pur-sang, et que les bactéries les plus fréquemment incriminées sont Streptococcus equi subsp. zooepidemicus, qui atteindrait l’allantochorion principalement par voie ascendante, ainsi que Pantoea spp. Enfin, l’étude des profils d’antibiosensibilité des bactéries incriminées nous a permis de souligner la présence de nombreuses souches de Streptococcus equi subsp. zooepidemicus et d’Escherichia coli résistantes au triméthoprime-sulfaméthoxazole, soit l’antibiotique utilisé en première intention lors de suspicion de placentite chez la jument.