Depuis une vingtaine d'années, la filière apicole mondiale fait face à un affaiblissement général des colonies qui conduit à une forte augmentation des taux de mortalité. Les conséquences à la fois économiques et écologiques sont majeures. Une approche multifactorielle des troubles des colonies semble être la plus représentative. Parmi les agents biologiques mis en cause, le parasite Varroa destructor est de loin la menace la plus grande en raison de sa prévalence élevée et des inefficacités de traitement rapportées par les apiculteurs lors d'utilisation de médicaments disposant d'une autorisation de mise sur le marché. L'arsenal thérapeutique disponible pour lutter contre ce parasite est limité, et les recherches conduites ont mis en évidence la présence de populations de Varroa résistantes aux molécules autorisées.
L'objectif de ce travail a été de conduire une réflexion sur les perspectives de lutte contre Varroa destructor, afin de gérer au mieux la varroose sur le long terme, que la résistance soit déjà présente, ou bien pour en retarder l'apparition. Les thématiques incluent des méthodes chimiques, mécaniques, biologiques, biotechniques d'apiculture et génétiques de sélection d'abeilles résistantes à Varroa destructor, qu'il est indispensable de combiner. Ce travail souligne l'importance de démocratiser les comptages réguliers de varroas pour évaluer le niveau d'infestation des colonies et ainsi adapter la méthode de traitement. Enfin, mettre en place une lutte collective, sur une aire géographique étendue, avec des traitements concomitants, semble un point essentiel à développer pour lutter contre les ré-infestations par les ruchers voisins.