Face à la controverse actuelle concernant le bien-être animal et notamment celui des veaux laitiers en France nous avons voulu générer un regard croisé neutre confondant les informations diffusées par les défenseurs de la cause animale, les notions réglementaires, les connaissances scientifiques existantes et les pratiques du terrain. Afin de réunir les informations concernant les pratiques mises en place par les éleveurs laitiers et leurs avis, une enquête en ligne a été diffusée entre le 1 permis d’obtenir 121 réponses. Les thématiques abordées dans cette thèse étaient celles définissant le bien- être des veaux selon les cinq libertés du bien-être animal (Farm Animal Welfare Council, 1992) par le biais de l’alimentation, du logement, de la gestion de la douleur lors de l’écornage ou la séparation des veaux de er février et le 26 avril 2019 et a leurs mères. Contrairement à ce qu’affirment les associations, les pratiques déclarées en termes d’alimentation et de logement des veaux ne sont pas majoritairement éloignées des recommandations pour favoriser le bien-être (quantité suffisante de colostrum à la naissance, aliment fibreux et de l’eau à volonté à partir de 15 jours de vie, pour la plupart). La vie en case individuelle est aussi dénoncée mais elle est autorisée par la réglementation et les scientifiques (suivant certaines conditions) pour des raisons sanitaires. Cette réglementation est respectée par 79,3 % des éleveurs. De plus, 93,8 % des éleveurs sont conscients que la vie en groupe est importante pour les veaux et 50,4 % en logeaient au moins une partie en cases collectives autour de 15 jours de vie. L’écornage est qualifié de mutilation inutile par les associations qui dénoncent par ailleurs le manque de gestion de la douleur par les éleveurs. Ces derniers ont indiqué la nécessité de cette pratique (87,2 %), notamment pour la sécurité des animaux et du personnel. 86,4 % utilisaient la technique la plus recommandée qui est le fer à cautériser. Mais d’importants progrès sont possibles puisque seuls 48,2 % le réalisent avant un mois d’âge comme il est recommandé et seul un tiers des éleveurs utilise une sédation ou un anti-inflammatoire pour gérer la douleur (dont la combinaison avec une anesthésie locale est recommandée). Enfin, les associations dénoncent le stress généré par la séparation précoce des veaux de leurs mères, pratique qui divise les éleveurs et les scientifiques. Une séparation dans les 24 h, réalisée par 77,5 % des éleveurs, est plus facile dans le sens où il y a moins de comportement de stress, une construction plus rapide du lien avec l’Homme et un meilleur suivi sanitaire des veaux individuellement. Cependant, une séparation plus tardive est bénéfique socialement une fois en collectivité et sur la croissance des veaux. En conclusion, les lobbyings, les demandes sociétales, les connaissances scientifiques ainsi que la prise de conscience du bien-être des veaux laitiers par les éleveurs sont en constante évolution, notamment en raison de l’augmentation du nombre de jeunes et de femmes exploitants, dont l’intérêt pour le bien-être animal est plus élevé. Les vétérinaires se doivent ainsi d’être attentifs à ces évolutions afin d’adapter les pratiques médicales et zootechniques.