Depuis le tout début du XXème siècle, il est admis que le phénotype d'un individu dépend de son génotype. La combinatoire unique des allèles portés par l'ADN influe sur l'expression globale des gènes, la quantité et la fonction des protéines produites. Ces variations transmises de l'ADN ont permis de comprendre l'unicité et la diversité des caractères morphologiques, physiologiques ou comportementaux des êtres vivants. Plus récemment, la cartographie et le séquençage des génomes ont conduit à l'identification de l'origine moléculaire de milliers de caractères morbides chez l'homme, ainsi qu'à l'élucidation de nombreux mécanismes pathologiques sous-jacents. Il est donc établi que chacun de nous est unique, y compris dans sa prédisposition ou sa résistance aux maladies. Chacun de nous est également unique dans sa capacité de réponse aux médicaments. Cela tient à ce que la variabilité de notre patrimoine génétique peut induire une modulation dufonctionnement des protéines impliquées dans la cinétique ou l'action des molécules thérapeutiques. Ainsi, pour un patient donné, le choix d'un principe actif ou la détermination de la posologie optimale dépendront-ils de notre génotype. La pharmacogénétique, pivot de l'individualisation thérapeutique, est cette discipline médicale naissante qui vise à édicter lesrègles d'usage de certains médicaments en fonction du génotype du patient. Couramment utilisée en médecine hospitalière chez l'homme, elle est peu à peu introduite en médecine vétérinaire. La première partie de ce manuscrit décrit les différents niveaux du polymorphisme génétique, support de la pharmacogénétique. La deuxième partie détaille, à partir d'exemples, l'usage des outils pharmacogénétiques en médecine humaine. Enfin, la dernière partie illustre l'utilisation actuelle de la pharmacogénétique en médecine vétérinaire et conclue sur son développement probable chez l'animal dans les prochaines année.