Le suicide est un phénomène complexe dont le caractère tabou n'a pas facilité les investigations menées pour mieux le comprendre. Des modèles explicatifs basés sur l'identification de facteurs de risque ont cependant vu le jour, permettant notamment de mieux appréhender l'émergence du suicide associé à l'activité professionnelle. Dans ce cadre, la profession vétérinaire possède un triste palmarès, présentant un taux de suicide 3 à 4 fois plus élevé que la population générale dans certains pays, soit un taux supérieur à celui mesuré dans la majorité des autres catégories professionnelles. Les facteurs de risque inhérents à la profession sont bien identifiés : en particulier, la surcharge de travail et les horaires pénibles imposés par le métier limitent l'épanouissement social et génèrent par la même des troubles anxieux et dépressifs mis en évidence chez un grand nombre de praticiens. L'isolement social ainsi créé est accentué par une confraternité vétérinaire ressentie comme défaillante, alors même qu'elle correspond à un facteur protecteur potentiel contre le risque suicidaire. L'euthanasie des animaux constitue également un facteur majeur, par son impact émotionnel manifeste et par l'altération de la perception de la mort qu'elle peut engendrer chez le praticien. S'il est des facteurs sur lesquels on ne peut agir (tel que l'accès aux molécules létales), des formations existent néanmoins pour identifier les premiers signes chez les individus suicidaires, permettant de réduire le passage à l'acte de façon significative. D'autres formations impliquant l'acquisition de nouvelles compétences en communication afin de réduire le stress inhérent à la relation client peuvent être intéressantes. Toutefois, la sensibilisation au risque suicidaire et surtout aux troubles de la santé mentale dès le cursus vétérinaire apparait comme la plus efficace des mesures, en parallèle d'un renforcement des liens unissant les membres de la profession.

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