Cette étude, menée dans le Nord-Ouest de la France, complète la description clinique réalisée en 2016 et constitue la première étude épidémiologique de la thélite nodulaire caprine. Dans le but de décrire les modalités d’évolution de la maladie au niveau du troupeau et au niveau individuel, nous avons réalisé des visites dans 20 élevages et examiné 33 animaux réformés. L’étude épidémiologique, portant sur 12 élevages caprins laitiers confirmés ou suspects, montre que les élevages touchés ont une taille et un niveau de production supérieurs aux données moyennes des élevages de la région Pays de la Loire. La maladie semble apparaître préférentiellement en hiver chez des multipares de plus de 4 ans. La durée de chaque foyer est très variable, allant de quelques mois à plusieurs années. L’étude clinique individuelle menée sur 26 animaux confirmés ou suspects, montre que les lésions sont nodulaires et/ou ulcératives, simples ou coalescentes, de taille variable (0,5 à 6 cm), localisées préférentiellement en partie basse de la mamelle et sur le trayon et plutôt en face crâniale. Elles sont associées à une adénomégalie des nœuds lymphatiques rétromammaires. Des lésions similaires ont été observées sur le scrotum d’un bouc et également sur le corps de chèvres, associées à une adénomégalie du nœud lymphatique locorégional. Les analyses histopathologiques ont montré des lésions granulomateuses compatibles avec une mycobactériose, sur les 26 animaux. Les analyses PCR ont mis en évidence la présence de l’ADN de M. uberis dans 22 prélèvements sur les 48 analysés. Ces analyses corroborent l’hypothèse définissant M. uberis comme agent étiologique majeur de la thélite nodulaire caprine.