La France est officiellement indemne de tuberculose bovine (Tb) depuis 2001 et l'abattage total (AT) des foyers est obligatoire depuis 1999. Depuis, le nombre de foyers annuellement déclarés en Côte-d'Or a augmenté de façon inattendue. Un protocole expérimental ré-autorisant l'abattage partiel (AP) y a été mis en place en 2009. En l'absence de nouvelles données scientifiques, le protocole d'AP a été construit de manière a être considéré d'efficacité équivalente à l'AT, à court terme. La Direction Générale de l'Alimentation a choisi ce sujet pour tester et illustrer un « guide méthodologique de conduite d'étude d'impact », procédure amenée à se systématiser. Cette étude d'impact s'appuie sur des entretiens semi-directifs conduits auprès des principales parties-prenantes concernées par l'AP et l'AT, en Côte-d'Or. Les données financières d'indemnisation ont été récoltées auprès de la Direction Départementale de la Protection des Population (DDPP21) et un échantillon d'élevages ayant subi un AT ou un AP a permis de récolter des informations socioéconomiques. Cette étude a permis d'objectiver les économies réalisées par l'Etat grâce à l'AP concernant les frais d'indemnisation des animaux abattus tout en soulignant les effets humains indirects : charge de travail, stress des agents de la DDPP 21 et des éleveurs pour qui l'AP est synonyme de contrôles répétés et de longue période de blocage de l'exploitation. De son côté, l'AT reste un évènement traumatisant, même s'il permet un redémarrage plus rapide de l'exploitation dans des conditions confortables. Sur le long terme, il semblerait que l'abattage ne perturbe pas le statut économique d'une exploitation donnée, mais le manque de recul depuis 2009 ne permet cependant pas de conclure définitivement. Il serait intéressant de développer la modélisation économique couplée à un modèle de diffusion épidémiologique afin de comparer à plus grande échelle ces impacts. Mener des études d'impacts dans le domaine de la gestion des risques sanitaires suppose un travail transdisciplinaire à encourager : comprendre les mécanismes biologiques et confronter ces données à des considérations sociales, économiques et politiques. Malgré cette complexité, ces études pourraient contribuer à restaurer la transparence et la confiance dans les décisions publiques de gestion des risques. Pour cela de nombreux travaux restent nécessaires : affiner le vocabulaire employé, harmoniser les techniques d'évaluation entre institutions, assurer l'indépendance de l'évaluation scientifique, socio-économique et de la décision, créer des indicateurs d'efficacité adaptés au monde de l'élevage et aux valeurs non marchandes, compléter ou nuancer les analyses coût/efficacité ou coût/bénéfice par des outils novateurs permettant un plus large consensus sur leur utilisation.

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