Le chien (Canis lupus familiaris) est désormais considéré comme un être sensible. Il est cependant utilisé comme modèle expérimental et les contraintes imposées par les conditions de laboratoire ne sont pas toujours compatibles avec son bien-être. Cette incompatibilité peut alors engendrer des problèmes de santé chez les animaux de laboratoire. La législation européenne impose donc de nouvelles normes sur les locaux expérimentaux, et la notion d’enrichissement apparaît primordiale dans la règlementation européenne concernant les locaux d’hébergement. Cette notion nécessite une bonne connaissance des besoins de l’espèce, l’établissement de protocoles pour évaluer quel type d’enrichissement utiliser et le contrôle des effets sur les populations concernées. Cette étude, réalisée sur des Goldens et Labradors Retrievers appartenant à l’Unité D’Étude et de Traitement des Myopathies et sur des Beagles du Laboratoire de Reproduction des Carnivores Domestiques de l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort, en testant de façon indépendante trois types d’enrichissements potentiels chez trois races différentes, démontre l’intérêt et la facilité de mise en place d’enrichissements variés, afin d’améliorer le bien-être des chien de laboratoire. L’ensemble des animaux présents dans l’étude présentaient des stéréotypies et exprimaient des comportements révélateurs d’un état de stress. La mise en place des enrichissements a apporté des changements encourageants en termes de budget-temps et d’expression des comportements. Par exemple, la mise en place de plateformes était intéressante pour les Beagles qui s’en servaient à la fois comme lieu de repos mais aussi comme poste d’observation. L’ajout de jouets Kong ® garnis semblait diminuer les vocalisations de deux Labradors et pourrait avoir un effet positif sur l’expression des comportements de mâchonnement et de léchage de babine pour deux Goldens Retrievers. Le fait d’introduire des sorties entraînait surtout une modification du comportement des chiens vis-à-vis des expérimentateurs, mais pouvait par exemple être mis à profit dans le cadre d’une réhabilitation des animaux de laboratoire en animaux de compagnie. Les limites de notre étude se situent principalement dans le manque de données dû essentiellement au nombre d’animaux observés ainsi que dans la difficulté à contrôler l’environnement expérimental. Cependant, ces résultats montrent tout l’intérêt de la validation d’un enrichissement chez les chiens de laboratoire, que cet enrichissement soit physique ou social, et son impact positif en termes de bien-être comportemental.

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