Cette enquête de terrain destinée aux vétérinaires ruraux, visait à analyser leur utilisation pratique de la colistine, ceci afin de comprendre l’importance que cette molécule revêt pour eux ainsi que leur perception des mesures et décisions réglementaires la concernant. Un questionnaire envoyé à environ 600 vétérinaires praticiens a permis de récolter 250 réponses qui ont ensuite été analysées de manière descriptive. Il en ressort que la colistine reste une molécule couramment employée par les vétérinaires ruraux en France, même si l’on note une diminution de son utilisation, notamment depuis un an. Elle est principalement employée sous formes orale et injectable pour le traitement des affections digestives et septicémiques des veaux. Les raisons de cette diminution d’utilisation sont d’une part inhérentes aux mesures et décisions réglementaires encadrant son usage, et d’autre part, liées à une volonté des vétérinaires d’en raisonner leur utilisation par sensibilisation aux problèmes d’antibiorésistance. La colistine est une molécule qui reste efficace et importante pour les vétérinaires ruraux dans la pratique de leur médecine. C’est notamment ce qui explique que tous n’aient pas pu, ou n’aient pas voulu en diminuer leur usage. Cette importance justifie leurs inquiétudes lorsqu’on évoque l’éventuel passage de la colistine dans la catégorie des antibiotiques d’importance critique. En effet, ce changement de statut risquerait d’avoir des conséquences négatives notamment sur l’efficacité clinique des traitements des affections colibacillaires qui entrainerait des pertes économiques, mais également sur les risques d’apparition de résistances bactériennes aux antibiotiques.

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