Essentiellement décrite chez les animaux de rente, l'intersexualité peut affecter de nombreuses espèces de Mammifères, y compris l'espèce humaine, et avoir différentes répercussions sur le devenir des individus atteints. Qu'il s'agisse du pseudo-hermaphrodisme mâle, du pseudo-hermaphrodisme femelle, ou bien de l'hermaphrodisme vrai, l'intersexualité se définit par une incohérence entre le sexe chromosomique, le sexe gonadique et le sexe phénotypique de l'individu. Elle résulte d'une anomalie du déterminisme du sexe ; la rupture dans la cascade du développement sexuel normal peut se faire à différents moments de la vie foetale et conduire à une des trois formes d'intersexualité. Contrairement à ce qu'on observe dans les cas d'hypogonadisme, les sujets intersexués présentent des phénotypes très variés, allant de l'apparence normale, mâle ou femelle, à un phénotype ambigu. D'autre part, l'intersexualité peut être responsable de troubles comportementaux ou de pathologies parfois délétères pour la santé. Elle est généralement liée à une infertilité. Tous les caractères de cette anomalie sont présentés de façon plus exhaustive à travers l'étude bibliographique des cas décrits dans les espèces canine et équine depuis une trentaine d'années. Cette grande variabilité peut parfois rendre le diagnostic complexe : l'approche clinique s'avère souvent insuffisante, et des examens complémentaires sont nécessaires. Il s'agit entre autres d'une étude chromosomique. A l'heure actuelle, les méthodes de Cytogénétique tendent à être complétées par une étude moléculaire et par la recherche de gènes impliqués dans le développement sexuel. Mais si ces deux méthodes d'investigations permettent d'aboutir au diagnostic d'intersexualité, la caractérisation de celle-ci repose sur une analyse histologique des gonades. L'approche diagnostique ainsi que les répercussions de ce trouble du développement sexuel sont illustrées à travers l'étude d'un cas chez le chien et le cheval.