Ainsi, la crise laitière ressentie en France à la rentrée 2009, était une crise de la demande et non de l’offre. La demande s’est effondrée, conséquence de la baisse du pouvoir d’achat en contexte de crise économique mondiale. L’offre s’est maintenue, il y a alors eu surproduction. Le prix du lait s’est effondré et avec lui les revenus des agriculteurs. Cette crise économique une fois expliquée, pose la question de la viabilité de notre modèle de politique agricole et des moyens à mettre en oeuvre pour assurer la pérennité de la profession des éleveurs laitiers. L’objectif de cette étude est de proposer des solutions aux éleveurs français pour améliorer leurs profits et vivre correctement de leur activité. Pour ce faire, l’ensemble des acteurs a été consulté pour tester la pertinence de mes propositions. Deux grands axes se sont dégagés : la réduction des coûts de production et l’augmentation des revenus. Pour améliorer les profits des productions laitières françaises, la réduction des coûts est une option envisageable. Cependant, les éleveurs français sont déjà très au courant de ces leviers d’amélioration qu’ils tentent d’utiliser un maximum (aliment, fertilisants, frais de mécanisation). Le contrôle des coûts est une condition indispensable pour rester compétitifs mais non suffisante pour rester rentables. L’augmentation des revenus parait donc être l’option la plus pertinente et plus précisément la stabilisation du prix. Il s’agit donc de réinventer d’autres mécanismes de régulation que sont l’intervention et les restitutions qui ne doivent plus être appréhendées que comme des mécanismes de gestion des excédents mais plutôt comme des mécanismes de lissage des prix. Avec la disparition des quotas fixés par les autorités publiques en 2015, un autre système de régulation doit être mis en place : la contractualisation entre une entreprise de transformation et les agriculteurs réunis en O.P. (Organisation de Producteurs). Avec un tel contrat, les éleveurs auront une vision à long terme du volume que les entreprises leur achèteront et donc du prix du lait. Ce système ne fonctionnera que si les agriculteurs acceptent de changer leur vision des acteurs de l’industrie en les voyant comme des partenaires qui connaissent le marché et la demande, écartant tout risque de surproduction et permettant ainsi aux prix de se maintenir.

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