Depuis quelques années, la gestion des avortements chez les petits ruminants semble être un sujet de préoccupation majeur pour les acteurs de la filière. Cinq agents abortifs dits « prioritaires » ont été définis et retiennent l’attention des acteurs de la santé animale en raison de leur prévalence, du risque zoonotique qu’ils présentent et des pertes économiques qu’ils entrainent dans les élevages de petits ruminants français. Ainsi, des études actuelles sont menées pour développer des protocoles de diagnostic différentiel permettant une pratique nationale harmonisée. Des tests de terrain sont en cours pour déterminer si ces méthodes uniformisées augmentent le taux d’élucidation et la prise de conscience des acteurs de la santé animale. Il semble que l’attente soit grande mais la gestion des avortements et l’augmentation des performances dans la recherche et l’identification des différents agents abortifs prioritaires passent par l’implication de chacun des partenaires cités dans cette étude. Une étude a été menée, qui complète deux enquêtes préalables. La première enquête préalable consistait à interroger les LVD sur leur gestion du diagnostic différentiel portant sur la chlamydiose, la toxoplasmose, la Border disease et la salmonellose abortive ovine. Le seconde avait la même cible mais ne portait que sur la gestion de la fièvre Q. Enfin la troisième et dernière enquête, objet de cette thèse, effectuée auprès des vétérinaires praticiens, avait pour but de déterminer :
- la façon dont sont gérés les avortements sur le terrain,
- le ressenti des praticiens face à ces épisodes abortifs et
- leurs impressions sur les attentes des éleveurs sur ce point.
Ainsi, 29 laboratoires ont participé à l’enquête 1, 33 à l’enquête 2 et 55 vétérinaires se sont exprimés sur l’enquête 3. Il ressort de ces trois enquêtes que les principaux freins à une pratique harmonisée nationale sont des variations :
- dans les méthodes d’analyses et les matrices choisies par les laboratoires d’un département à l’autre et
- dans la nature des prélèvements effectués par les vétérinaires praticiens, créant ainsi également une variabilité dans les analyses imposées par la nature des prélèvements reçus.
De plus, le conditionnement et le mode d’acheminement des prélèvements ne sont pas toujours optimaux et cela peut altérer la qualité des échantillons voire rendre impossible la réalisation de certaines analyses.