La réussite économique d'une exploitation en élevage allaitant est fortement tributaire des résultats de fécondité du troupeau. Dans les élevages utilisant l'insémination artificielle, ces résultats sont dépendants de la détectabilité de l'oestrus. Pourtant, les références bibliographiques sur l'expression de l'oestrus en élevage allaitant sont limitées. L'objectif de cette étude était de caractériser et de quantifier l'expression comportementale de l'oestrus en élevage allaitant, d'étudier la séquence de ces comportements et de mettre en évidence les principaux facteurs de variation de l'expression de l'oestrus. Les comportements individuels en phase oestrale de douze vaches allaitantes de race Charolaise (six primipares et six multipares) en période de stabulation hivernale ont été étudiés à partir d'enregistrements vidéo continus. Ces comportements ont été comparés à ceux observés en phase lutéale. Les signes sexuels discrets ont été exprimés sur une période plus longue (de 4 à 6 h) que les acceptations du chevauchement. En considérant ces signes, la durée moyenne des oestrus étudiés a été de 11,5 ± 4,1 h, sans modification liée au rang de l'oestrus. L'intensité de l'expression de l'oestrus a été augmentée par la présence d'une congénère simultanément en chaleurs. La taille du groupe et la conduite de l'élevage ont eu une influence respectivement sur l'intensité et sur les périodes d'expression de l'oestrus donc sur la détectabilité des chaleurs. Enfin, bien que l'acceptation du chevauchement ait été exprimée dans la majorité des oestrus (18 oestrus sur les 21 étudiés), la prise en compte des signes sexuels discrets a permis d'augmenter la sensibilité de la détection visuelle sans trop en détériorer la spécificité par rapport à la seule prise en compte de l'acceptation du chevauchement.