Anopheles gambiae, principal vecteur du paludisme en Afrique, se distingue des autres vecteurs par son exceptionnelle longévité, son anthropophilie et surtout son importante faculté d'adaptation à divers environnements. Cette dernière caractéristique pourrait être due à des inversions chromosomiques polymorphiques. En effet, chez Anopheles gambiae s.s., des études ont montré que la fréquence de l'inversion chromosomique 2La est croissante le long d'un gradient d'aridité s'étendant du sud au nord du Cameroun. D'où l'hypothèse que cette inversion confère des avantages sélectifs en milieu déshydraté. Nous avons donc étudié la relation entre l'inversion 2La et la résistance à la dessiccation en soumettant 508 moustiques des générations F9 à F12 d'Anopheles gambiae de forme moléculaire S, originaires d'une population polymorphique de l'Est du Cameroun, à un test de résistance à un stress hydrique. Les moustiques nouvellement émergés ont été placés individuellement dans des tubes contenant un agent desséchant et leur survie a été suivie avec un système de vidéosurveillance. A l'aide d'un diagnostic moléculaire pour l'inversion 2La, nous avons pu observer des différences de survie entre les caryotypes, en fonction de co-variables telles que la répétition, le sexe et la taille de l'aile. Les résultats montrent que 60 % des individus homozygotes porteurs de l'inversion 2La survivent au delà de la médiane de survie de tous les individus (544 min), contre seulement 48 % des individus standards. Et les moustiques femelles homozygotes inversées survivent plus longtemps en milieu déshydraté que les femelles des autres caryotypes (+120 min) et que les mâles quel qu'en soit le caryotypes (+180min). Afin de comprendre les mécanismes qui interviennent dans ce processus de résistance à la dessiccation (modification physiologique, comportementale etc.), différentes hypothèses doivent encore être testées et cela permettra ensuite d'identifier les gènes impliqués chez cet important vecteur.

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