Au cours des vingt dernières années, la radiographie a joué un rôle de plus en plus important dans la médecine et la chirurgie, mais malheureusement, pour un grand nombre de raisons, les vétérinaires ont été limités dans l'usage qu'ils pouvaient faire de cet important moyen de diagnostic.
La radiographie est un art. Un appareil à rayons X avec tous ses accessoires n'est pas plus qu'un merveilleux outil. En outre, la radiographie vétérinaire est une discipline autrement plus délicate que la radiographie humaine. Les patients sont moins coopératifs et la variété des espèces examinées pose des problèmes inconnus en radiographie humaine.
Les radiographes du service de santé britannique doivent avoir passé deux années d'apprentissage à plein temps dans une école agréée avant d'être qualifiés par un examen. Pendant les cinq années suivantes ils travaillent en tant que "juniors" sous le contrôle d'un spécialiste avant d'atteindre le haut niveau qu'exigent la médecine et la chirurgie modernes ainsi que l'utilisation d'appareils et de techniques compliquées.
Quand nous examinons la situation du côté vétérinaire, nous voyons un tout autre tableau.
En Grande-Bretagne, il n'y a qu'un nombre limité d'établissements vétérinaires équipés d'appareils même de moyenne puissance et le nombre de radiographes qualifiés, spécialistes en radiographie vétérinaire, peut être compté sur les doigts de la main.
De nombreux praticiens ont fait l'achat d'appareils à rayons X portatifs et les ont trouvés utiles particulièrement dans les cas de fractures et de luxations chez les petits animaux, mais beaucoup d'autres ont estimé que les résultats obtenus n'avaient pas répondu à leur espoir.
Il n'est pas surprenant que l'appareil de faible puissance ait été jugé inadéquat et que le praticien ait alors souhaité pouvoir disposer d'un gros appareil semblable à celui qu'il voit dans l'hôpital local. Bien que l'appareil de grande puissance offre des avantages considérables dans la radiographie (où la taille et les mouvements du patient sont souvent des facteurs limitatifs) il est pratiquement inutilisable, il faut le reconnaître, pour des raisons économiques dans la pratique vétérinaire générale.
En revanche nous avons été impressionnés par l'étendue des services rendus par les appareils plus petits et notre opinion, fondée sur l'examen d'un certain nombre de radiographies faites par des vétérinaires praticiens est que le retard dans le développement de la radiographie en pratique vétérinaire générale tient plus aux limites de l'opérateur dues à son manque de pratique et d'expérience, qu'aux limites de l'appareil lui-même. On doit admettre que les écoles portent une grande part de responsabilité dans ce manque d'entraînement puisque l'instruction qu'elles peuvent inclure dans un programme déjà surchargé est inévitablement centrée sur les appareils les plus puissants, les seuls qu'elles possèdent.
Afin de mieux combattre cette tendance dans leur enseignement de la radiographie, les autres ont eu la possibilité, pendant plusieurs années, d'emrunter et d'utiliser l'un des plus petits appareils à rayons X et nous devons remercier ici pour leur sincère collaboration, la "X-ray Division of Associated Electrical Industries (antérieurement Newton-Victor)".
Le but de ce livre est donc de fournir aux étudiants et aux praticiens vétérinaires les renseignements nécessaires à l'équipement et au fonctionnement d'un appareil de diagnostic radiographique.
Ces renseignements se rapportent en premier lieu aux appareils à rayons X de faible puissance et quoiqu'il soit montré que certains examens dépassent les possibilités de ce type d'appareil, certaines suggestions peuvent contribuer à étendre considérablement le champ d'application de tels appareils.
Dans l'intérêt de ceux qui peuvent avoir accès à des appareils plus puissants ( dans divers établissements vétérinaires ou éventuellement dans des hôpitaux locaux) quelques renseignements sont donnés concernant les examens qui peuvent être normalement entrepris par le praticien non spécialisé;
En radiographie humaine, le patient est placé dans des positions généralement normalisées ( standardisées) pour chaque région du corps intéressée. Ces positions ont été imaginées pour donner les reproductions les plus exploitables et les plus exactes de ces régions et pour permettre la comparaison des radiographies d'un patient avec celles d'un autre patient ou avec les radiographies normales correspondantes.
L'adoption d'un "standard" de positions en radiographie vétérinaire entraînerait les mêmes avantages et une importante partie de ce livre est consacrée aux positions conseillées pour la radiographie de certaines régions.
Nous ne prétendons pas que les positions que nous proposons soient les seules possibles mais nous affirmons par expérience qu'elles conviennent au but recherché et qu'il est normalement possible de maintenir en de telles positions un animal même conscient et blessé.
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